"Nyambé s'ennuyait ! Tu ne peux pas savoir combien. (...) Alors, Nyambé, le créateur des Bantous fabrique une sanza et se met à jouer. (...) Le créateur joue de la sanza en chantant et dansant sur ses mélodies. Dans une joie telle qu'il ne prête aucune attention à ce qui se passe autour de lui. Or il est en train de se passer beaucoup de choses depuis qu'il a ainsi inventé la musique. En fait chaque note de son instrument crée quelque chose d'inconnu jusque-là. La première note jouée fait venir le soleil (...) Tout va bien, jusqu'au moment où une des lamelles, je ne sais plus laquelle, introduit une fausse note à la merveilleuse harmonie de cette musique. Une fausse note. Devine donc ce qui arrive soudain. (...)
Etrange : l'homme. Immédiatement suivi par sa femme. Tu sais qu'elle le suit partout. D'ailleurs, lui aussi, il la suit partout... Et derrière la femme, une foule d'enfants. Des centaines de millions d'enfants de toutes les couleurs - des blancs des noirs des jaunes des rouges des bleus des verts des violets des zébrés des tigrés - de toutes les couleurs. (...) Tous les hommes sont sortis de la même sanza."