Dossier
Francis Bebey - in Parole et
musique n°15
Dossier
réalisé par Fred Hidalgo
Parole et Musique, Le Mensuel de la chanson vivante
n° 15, décembre 1981
Sommaire
du dossier :
Introduction
La
guitare
? Parce que je l'aime.
La
sanza...
Léopold
Sedar Senghor à Francis Bebey
Quelques
extraits de presse sélectionnés par Fred Hidalgo
Souvenirs
d'enfance
Echos
d'un temps englouti
Débuts
d'une passion
De
la guitare à la chanson
Au
carrefour des cultures, l'illustre méconnu...
In
vinaigrio veritas ?
La
musique africaine : une dimension morale, des racines profondes
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Introduction du dossier
Musicien,
homme de radio, écrivain, ethnomusicologue, poète, romancier,
ex-responsable du département musique de l'UNESCO, cinéaste[1],
auteur de nombreux articles dans la presse internationale, conférencier
et... chanteur, Francis Bebey est né probablement le 15 juillet 1929
à Douala, au Cameroun.
Excellant en tout, ce musicien polymorphe et autodidacte (il joue en virtuose
d'une dizaine d'instruments de musique !) sillonne le monde depuis 1963
en donnant dans les plus grandes salles des concerts sans équivalent
: il réussit le tour de force de jouer sur sa guitare (LA guitare
de Francis Bebey, comme disent les Américains) la mélodie
et l'accompagnement[2] à la fois ! Et les sons inédits, de
crécelles et de percussions africaines notamment, qu'il en tire en
font, non seulement un instrument nouveau, mais surtout - alliés
à son impeccable technique classique (il interprète couramment
les oeuvres de Bach, Haendel, Villa-Lobos...) - le symbole de l'Afrique
d'aujourd'hui, au confluent de deux cultures.
Quant à ses chansons - qu'il chante en reprenant à loisir
les inflexions des siens - elles ont fait le tour de toutes les Afriques
: certaines d'entre elles sont connues de plusieurs dizaines de millions
de personnes, pour l'humour, le rythme, la fraternité et la satire
sociale qu'elles contiennent.
Tout cela n'empêche pas (justement, peut-être ?) Francis Bebey
de se montrer humble et modeste dans la vie, toujours empreint d'une grande
chaleur humaine. Philosophe, amoureux de la liberté, prônant
la tolérance comme la vertu essentielle, d'une vaste culture et d'une
profonde inspiration, Francis Bebey - s'il me fallait le définir
d'un seul terme - est avant tout un humaniste.
Au contact de tels êtres - qui n'en ont pas moins des défauts,
comme tous les hommes -, on se sent devenir meilleur, on se retrouve gorgé
d'énergie nouvelle pour continuer le combat pour un avenir plus fraternel.
[1] Il a tourné
deux films : " Sonate en bien majeur ", un film de fiction en
16 mm, et " Musique africaine ", un film en super 8 sonore sur
divers aspects de la musique traditionnelle en Afrique noire.
[2] Bebey utilise une technique qui renouvelle le jeu de la guitare : tandis
que ses doigts gauches composent les accords sur le manche, sa main droite
frappe la caisse de la paume, de l'âme au chevalet, comme si elle
était un tam-tam. Rythme, harmonie et mélodie sont ainsi produits
par un seul homme sur un même instrument.